Voiture électrique : un boom mondial, une adoption encore limitée en Algérie malgré les infrastructures disponibles

Voiture électrique en Algérie

Dans le paysage automobile mondial, une transformation majeure est en cours : la voiture électrique gagne progressivement du terrain et s’impose comme une alternative de plus en plus incontournable dans le parc automobile international. Une dynamique que le marché algérien, lui, ne semble pas encore pleinement suivre.

Les quatre premiers mois de 2026 ont apporté une nouvelle mondiale de taille : pour la première fois, la part de l’électrique a franchi le seuil des 20 % des ventes mondiales, confirmant une montée en puissance rapide, malgré certaines inflexions observées chez plusieurs constructeurs historiques comme Stellantis, Audi ou encore BMW, qui réajustent leurs stratégies entre électrification et maintien du thermique. Dans le même temps, la montée en puissance des constructeurs chinois, à l’image de BYD, accélère encore cette transition à l’échelle mondiale.

À moyen et long terme, de nombreux observateurs estiment que l’électrique pourrait s’imposer comme une norme dominante sur les grands marchés internationaux. Une perspective qui contraste fortement avec la réalité algérienne, où cette motorisation reste encore marginale.

En Algérie, les véhicules électriques représentent une part très limitée du parc automobile. En effet, en dehors de quelques modèles importés, comme la Dacia Spring, certaines versions hybrides telles que la Golf GTE, ou encore quelques modèles chinois, l’offre reste restreinte, tandis que les automobilistes continuent de privilégier les motorisations thermiques, profondément ancrées dans les habitudes.

Voitures électriques en Algérie : malgré les infrastructures en place, et les avantages fiscaux, l’adoption reste encore limitée

Le paradoxe est d’autant plus frappant que les infrastructures, elles, commencent à se déployer. Contrairement à de nombreux pays où le manque de bornes de recharge constitue encore un frein majeur, l’Algérie a amorcé une démarche inverse en anticipant l’équipement du territoire.

En 2025, Sonelgaz a ainsi installé environ 1 000 bornes de recharge à travers les stations-service du pays, avec des capacités allant en moyenne de 60 kW, et des bornes rapides pouvant atteindre 322 kW. Selon des déclarations rapportées par l’agence APS, le programme a été entièrement achevé et les installations enregistrent déjà une utilisation croissante, notamment à Alger, avec près de 10 000 recharges comptabilisées depuis leur mise en service.

Mieux encore, ces équipements sont en grande partie fabriqués localement. De quoi témoigner de l’effort industriel et énergétique que connaitre notre pays. Pourtant, malgré cette avancée technique et les avantages fiscaux et douaniers que représente l’importation de voitures électriques par les particuliers en Algérie, l’adoption reste très timide du côté des automobilistes, encore largement attachés aux bons vieux moteurs thermiques traditionnels.

Un décalage se dessine ainsi entre une infrastructure déjà en place et une demande qui ne suit pas encore le rythme de la transition énergétique.

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